Salon artistique franco-chinois — « Rencontre avec les montagnes et la mer »
Le 21 février, le salon artistique consacré à la peinture à la laque « Rencontre avec les montagnes et la mer », animé par le jeune artiste chinois Liu Xueshan, s’est achevé avec succès au Séréni’Thé Paris 隐庐 YinLu.
Ce salon artistique, organisé à l’occasion de l’exposition individuelle des peintures à la laque de la série « Shanhaijing » (Classique des montagnes et des mers) de M. Liu Xueshan, a réuni des artistes, des universitaires et des professionnels de la culture chinois et français afin d’explorer ensemble l’art chinois de la laque et le processus de représentation figurative des créatures mythiques du « Shanhaijing ». Parallèlement, en s’appuyant sur l’expérience créative de M. Liu, les participants ont pu apprécier, en compagnie d’intellectuels chinois et français, le charme unique de la laque, une forme d’art traditionnel chinois.
La laque : une histoire millénaire
La laque, élément essentiel de l’artisanat traditionnel chinois, existe depuis plusieurs milliers d’années. De la production de la laque à la fabrication des objets laqués, en passant par la récolte de la laque naturelle par les laqueurs et la réaction de la laque avec différents minéraux pour obtenir des couleurs chatoyantes… M. Liu Xueshan répond brièvement à la question « Qu’est-ce que la laque ? ».
Depuis la période pré-Qin, les objets en laque, brillants, propres, faciles à nettoyer, légers, isolants, résistants à la corrosion et décorés de motifs colorés, ont progressivement remplacé les objets en bronze, car ils étaient très appréciés des nouveaux seigneurs. Puis, sous la dynastie Han, les laques ont connu leur apogée : la laque rouge et noire était utilisée pour décorer les objets du quotidien, et les techniques de laquage ne cessaient d’innover. Sous la dynastie Tang, les techniques de laquage et la fabrication des laques ont atteint un niveau sans précédent. Prenons l’exemple des statues de Bouddha en laque sèche de Dunhuang, qui, malgré les ravages du temps, sont toujours aussi magnifiques. Elles nous permettent d’avoir un aperçu des techniques de fabrication des laques, notamment de la transmission et du développement de la technique du moulage.
Pour conclure, M. Liu Xueshan a retracé pour les invités chinois et français l’histoire de ce joyau de la culture traditionnelle chinoise qu’est l’art de la laque, expliquant comment cet art a accompagné l’histoire de la Chine, traversé les vicissitudes du temps, pour renaître aujourd’hui dans toute sa splendeur.
Les descriptions vivantes, accompagnées d’illustrations, ont permis au public présent d’approfondir ses connaissances sur cet artisanat ancestral et ont suscité une curiosité sans limite pour cette forme d’art unique.
Les créatures mythiques du Shanhaijing et le vernis à base de laque
Le Shanhaijing, le plus ancien ouvrage géographique mythologique chinois, jouit depuis longtemps d’une grande renommée à l’étranger. Cependant, les descriptions abstraites en quelques mots ne permettent pas à nos amis français d’imaginer à quoi ressemblent les créatures mythiques décrites dans ce livre. La série de peintures à la laque « Les créatures mythiques du Shanhaijing » de M. Liu Xueshan offre aux invités chinois et français l’occasion de découvrir le véritable visage de ces créatures mythiques.
Le Shangao, « dont l’apparence est semblable à celle d’un chasseur », est « rouge comme le feu et prompt à la colère ». Ce monstre mythologique, qui semble colérique et irritable dans les textes, révèle une certaine gentillesse dans les peintures de M. Liu. Le Qiongqi réprime le bien et encourage le mal, se nourrissant du mal. Dans les yeux de M. Liu, on peut toutefois voir sa majesté et sa prestance lorsqu’il chasse les démons et repousse les mauvais esprits. Le dieu de la pluie Jimen, qui aime les abîmes, apparaît également sous un vernis coloré, avec une certaine naïveté.
Comme l’a dit M. Liu Xueshan : « Il y a du noir et du blanc dans le monde, mais on ne peut pas tout voir en noir et blanc. De la pensée chinoise de Lao Tseu et Zhuangzi à celle occidentale d’Héraclite, Platon, Aristote, etc., les gens ont toujours insisté sur le « changement » et la « dialectique » de toutes choses. Même les bêtes féroces et les oiseaux de proie du Shanhaijing ont leurs bons côtés et leurs avantages. Ce qui importe, c’est la manière dont l’artiste observe, interprète et dialogue avec eux à travers le temps et l’espace au cours du processus de création. »
Les oligo-éléments présents dans les minéraux se mélangent et réagissent avec la laque blanche laiteuse pour produire du noir et du rouge, puis du vert, du jaune et mille autres couleurs. Grâce au talent de l’artiste, la laque se transforme en objet, puis en peinture. N’est-ce pas là une représentation concrète de la nature changeante de toutes choses dans le monde ?
Ce salon artistique a fait salle comble. Il a non seulement favorisé les échanges entre les milieux artistiques chinois et français, mais a également offert aux amateurs d’art français et étrangers une occasion précieuse de mieux comprendre les formes d’art traditionnelles chinoises. Grâce à la présentation de M. Liu Xueshan, les participants ont pu apprécier la subtilité et la richesse de l’art chinois de la laque, tout en découvrant les contours du Shanhaijing, ce classique de la mythologie chinoise antique.
À la fin du salon, de nombreux artistes et universitaires ont manifesté un vif intérêt pour les créations picturales à la laque et le savoir-faire artisanal de M. Liu Xueshan, et ont posé leurs questions et donné leur avis. M. Liu Xueshan a répondu patiemment à chacune d’entre elles et a partagé avec eux ses réflexions et ses expériences en matière de création artistique.
L’événement s’est achevé dans une ovation enthousiaste. Les invités ont longtemps hésité à quitter les lieux, savourant encore les échos de l’art et de la philosophie dans le prolongement de cet échange artistique.
Séréni’Thé Paris 隐庐 YinLu se consacre à la diffusion de l’art traditionnel de la cérémonie du thé, afin de permettre à davantage d’amis internationaux d’apprécier l’élégance et la beauté de l’art du thé chinois. Il s’engage à créer un lieu paisible où tous les amateurs d’art du thé peuvent se recueillir et méditer. Il collabore avec tous les acteurs du monde culturel et artistique afin de diffuser la culture traditionnelle d’excellence et de faire découvrir au monde entier la richesse de la culture traditionnelle chinoise.
